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Les textes et illustrations contenues sur ce site sont protégés par les lois sur le droit d'auteur (sauf indication contraire). Pour citer cet article : Jean-Luc caradeau, www.caradeau.fr, 2016 - Le « pape guerrier » combat les musulmans et l’empereur d’Orient -Article publié par jean-Luc Caradeau dans la revue Histoire des papes et des saints n°1 janvier 2009 sous le pseudonyme d’Yves Leclerc.
Le « pape guerrier » combat les musulmans et l’empereur d’Orient - - article - French
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Le « pape guerrier » combat les musulmans et l’empereur d’Orient

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«  L’an 710 * de l’incarnation du Seigneur, quoique l’insigne de la dignité impériale eût déjà reçu différentes formes, le vénérable pape Benoît en fit faire un dont la figure était entièrement allégorique. On façonna, par son ordre, une pomme d’or entourée de quatre côtés des pierres les plus précieuses, et surmontée d’une croix d’or. Elle représentait ainsi la figure du monde. »Raoul Glaber p 196 0 * ce travail fut effectué en prévision du couronnement de Henri II en 1004.



Benoît VIII (1012-1024) est un pape combatif, un Tusculum qui s’impose face à la famille ennemie Crescendus, puis repousse les musulmans et l’empire d’Orient qui envahissent tour à tour les États pontificaux. À l’intérieur de l’Église, il condamne les mœurs déréglées du clergé afin de préserver les biens catholiques, menacés de dispersion due aux héritages.

Les familles romaines se déchirent autour de la succession de Sylvestre II

Sylvestre II (999-1003) s’est éteint le 12 mai*. Le roi de Germanie Henri II le Boiteux. le futur saint Henri, doit, au début de son- règne, faire face à trop de problèmes au nord et à l’est pour pouvoir s’occuper les affaires romaines. C’est Jean II Crescentius (1) qui choisit Jean Siconne, 140e pape sous le nom de Jean XVII(2). Élu le 16 mai, consacré le 13 juin, il meurt le 7 décembre 1003. On ignore tout ou presque de lui, même le lieu de sa sépulture. Certaines sources affirment qu’il aurait été marié et père de trois fils avant d’entrer dans les ordres.
Son successeur, élu aussi sur ordre de Jean II Crescentius, un prélat du nom de Jean Fasanus, prend le nom de Jean XVIII. Il sera pape jusqu’en juillet 1009 (on ne connaît pas la date exacte de sa mort, mais un document témoigne du fait qu’il était encore vivant le 17 juin 1009(3)). Le seul acte marquant de son pontificat est une lettre adressée à Henri II pour confir mer réfection de l’évêché souverain de Banberg il ne sera rattaché à la Bavière qu’en 1802). « C’est aussi sous son ponti¬ficat que Brunon (4), nommé aussi Boni- face, obtint la permission d’aller prêcher l’Évangile chez les Russes » (in Histoire universelle de l’Église catholique, abbé Rohrbacher (5),1857).

Après Serge IV, les papes changent désormais de prénom

Le successeur de Jean XVIII, toujours choisi par Jean II Crescentius, se prénommait Pierre. Il se surnommait lui-même Boccadiporco ou Os porci, « groin de porc(6)». Il est évêque d’Albano lorsqu’il est élu 142e pape. Comme Pierre Cane-panova (Jean XIV, 983-984) avant lui, il change de prénom (par égard pour le premier évêque de Rome), inaugurant ainsi une coutume qui sera suivie par presque tous ses successeurs. Il prend le nom de Serge IV (1009-1012). On lui attribue la première encyclique appelant à une croisade contre les Sarrasins, après la destruction du Saint-Sépulcre de Jérusalem» (1009). Mais il est probable qu’il s’agisse en fait d’un texte rédigé ultérieurement, pour appuyer l’appel à la première croisade (1096-1099). C’est tout ce que l’histoire a retenu de lui, avec la date de sa mort en ioi2(7) et ses origines modestes.

Benoît VIII chassé de Rome ?

Son successeur ne devra pas son élection au patrice de Rome, ce dernier étant mort au printemps 1012. Théophylacte II, fils de Grégoire Ier comte de Tusculum, devient le 143e pape sous le nom de Benoît VIII. Il dut probablement son élection au parti impérial.
De nombreux auteurs ont écrit qu’il eut à lutter contre un antipape appelé Grégoire VI (1012), membre de la famille des Crescentius, qui le chassa de Rome en 1012, et que l’empereur le rétablit sur le trône pontifical en 1013. D’autres, s’appuyant sur des chroniqueurs de l’époque, rapportent une version sensiblement différente. C’est l’antipape Grégoire qui serait allé trouver l’empereur, en 1013, pour se plaindre d’avoir été chassé de Rome. Mais le souverain reconnaît son rival. Et Henri II et sa femme Cunégonde (lire t’encadré en fin d’article), sont reçus à Rome, le 22 février 1014, pour leur sacre impérial, par un Benoît VIII au sommet de sa puissance... C’est cette version qui prévaut actuellement.

Henri II confirme le privilège ottonien

Henri étant un empereur fort pieux, renouvela le privilège ottonien(8), mais en des termes quelque peu différents de ceux employés par ses prédécesseurs, à savoir : « que tout le clergé et toute la noblesse de Rome s’engageraient par serment à n’élire de Pape que d’une manière canonique, et que le nouvel élu, avant d’être sacré, s’engagerait de même par serment, en présence des envoyés de l’empereur ou en présence de tout le peuple, à conserver les droits de tous ». Il n’est ici question que « du droit réservé par les Papes mêmes aux empereurs, comme défenseurs de l’Église romaine, de veiller à ce que l’élection du Pape se fit canoniquement ». Ce texte ramène le privilège ottonien à sa formule initiale, celle d’avant ta déposition de Jean XII (955-963) par Otton Ier. La clause qui voulait « que l’empereur valide l’élection du Pape est supprimée » (in Histoire universelle de l’Église catholique, op. cit.). Celui-ci compense ce recul en nommant aux sièges épiscopaux d’Italie de nombreux prélats allemands.

Les musulmans menacent les États pontificaux

Dès juin ou juillet 1012, le nouveau pape recourt aux armes pour écraser les Crescentii réfugiés dans leur forteresse de la montagne, alors qu’à Rome son frère, Romain - futur successeur de Benoît VIII -s’empare du pouvoir civil, prenant ainsi la place de Jean II Crescentius.
C’est cependant en 1016 que Benoît VIII montre ses véritables capacités d’homme d’action. Cette année-là, les Sarrasins débarquent en Italie, ils prennent le port de Luna, en Toscane, en chassent l’évêque et se rendent maîtres des terres alentour. Benoît VIII réunit les évêques de l’archidiocèse de Rome et prend lui-même la tête des troupes. Parallèlement, il envoie une multitude de navires vers la Toscane dans le but de couper la retraite aux combattants musulmans. Les grandes flottes d’Italie appartenant aux cités marchandes comme Venise, Pise ou Gêne, les historiens pensent qu’il fit appel aux Pisans et aux Génois (les mieux placés pour intervenir), mais il semble qu’aucun document ne le confirme.
s’enfuit, abandonnant ses troupes. Celles-ci s’assemblent et, dans un premier temps, prennent l’avantage sur les chrétiens menés par le pape. Enfin, elles prennent la fuite et sont massacrées. Les chroniques affirment aussi que l'on ne put « compter ni le nombre de morts ni la quantité de butin ». Le roi des Sarrasins aurait laissé sa « reine sur place », mais-et là on glisse peut-être de la chronique à la légende - elle fut capturée et décapitée. Le pape aurait pris pour lui un ornement d’or et de pierreries qu'elle portait sur la tête et, en bon vassal, aurait envoyé à l’empereur la part de butin qui lui revenait. Cette part est estimée à mille livres. La livre romaine valant environ 324 grammes d’argent, le butin envoyé représente 324 kilos d’argent pur. Le chroniqueur Ditmar de Mersebourg ajoute une anecdote qui est peut-être inventée ou déformée. Peu de temps axés, « le roi des Sarrasins » fait parvenir au pape un sac de châtaignes accompagné de ce message : « L’été prochain j’amènerai autant de soldats. » Le pape lui renvoie un sac empli de grains de millet en lui annonçant qu’il trouvera autant de gens armés.
Rome, Gêne et Pise chassent les musulmans de Sardaigne
L’histoire, elle, nous apprend que Benoît VIII envoya un légat à Pise, réussit à réconcilier un moment cette cité avec Gênes et que, en 1017, les deux villes unies reconquièrent la Sardaigne que les Maures occupaient depuis 1005. Ils étaient venus d’Espagne, sous les ordres d’un émir nommé Mussa (en italien, Museto)(9). Celui-ci avait tenté de s’emparer de Pise en 1005, alors que la marine de la ville était partie en expédition contre une colonie musulmane installée en Calabre. Pise sera à nouveau assaillie par les Maures en 1012. Nous pensons donc que le « roi des sarrasins » des événements de 1016 était ce même Mussa, et qu’en envoyant ensemble en Sardaigne les flottes pisane et génoise, le pape a tenu la promesse du sac de grains de millet et est même allé au-delà, puisque grâce à lui les Sarrasins furent chassés de Sardaigne.

L'empereur d’Orient et la famille Crescentius contre le pape


Notons que cette attitude guerrière n’est pas exceptionnelle à l’époque de la part d'un prélat. Une des gloires qu’attribue l'histoire à ce pape est d’avoir collaboré avec 'empereur Henri pour chasser les Grecs et les Sarrasins d’Italie. L’empire d’Orient tentait en effet de reconquérir les terres d’Occident (les États du pape) dont l’avait privé Charlemagne. Cette démarche était soutenue par un important parti italien dont la puissante famille romaine Crescentius.

Un Normand au service du pape

Un seigneur normand du nom de Raoul, qui s’est attiré le courroux du duc de Normandie Richard II (996-1026) se réfugie à Rome. Jugeant que l’homme est un valeureux guerrier, le pape lui explique le conflit qui t’oppose à l’empereur d’Orient. Basile II le Bulgaroctone (960-1025) a ordonné au catapan (c’est le titre du gouverneur général de ses possessions italiennes) de récupérer les tributs qui, prétend-il, lui sont dus. Obéissant aux ordres de son empereur, le catapan a envahi une partie de la province du Bénévent. Raoul remporte plusieurs victoires à la tête de troupes italiennes. Richard II, apprenant la nouvelle de ses succès, envoie en Italie plusieurs de ses vassaux pour soutenir l’action entreprise par Raoul. Cependant les troupes sont italiennes, et Raoul constate « que les Italiens sont peu propres à la guerre ». Il se rend en Allemagne et demande audience à l’empereur qui, ayant eu connaissance de ses victoires, le reçoit fort bien. Cette démarche est malgré tout un échec et Raoul n’obtient pas de troupes. En effet, en 1020, c’est le pape lui-même (après une défaite de la coalition normande et italienne près de Cannes) qui vient demander à l’empereur d’intervenir. Ils célèbrent ensemble le Vendredi saint et Pâques de l’an 1020 à Bamberg. Le dimanche suivant, le pape procède à la consécration de l’église Saint-Étienne et l’empereur offre à Rome la ville et l’évêché, moyennant une redevance annuelle d’une haquenée blanche(10) et de cent livres d’argent. La valeur de ce petit cheval de dame devait être à peu de choses près équivalente au poids d’argent demandé par l’empereur, environ 200 livres.
Des échanges moitié en nature, moitié en numéraire
Le plus grand handicap économique du Moyen Âge est la rareté de la monnaie d’argent, ce qui la rend précieuse à tous, indépendamment de sa valeur, parce que certaines transactions ne peuvent se réaliser qu’avec elle. Jusqu’à l’invention des monnaies modernes, la plupart des loyers, impôts, redevances... seront fixés et payés partie en nature et partie en monnaie (souvent moitié-moitié) en raison de cette rareté. Par ailleurs, la valeur marquée sur les pièces compte peu. Toute somme de quelque importance est évaluée en « livres d’argent » : on procède à la pesée des pièces et non au décompte de leur valeur.

L'armée impériale au secours de Rome

En 1022, lorsque l’empereur intervient, Capoue, le mont Cassin, Troia en Apulie (ancien nom des Pouilles, le talon de la botte italienne), et le Bénévent sont aux mains des Grecs ou de leurs partisans et Rome est menacée. Au cours de la campagne menée par l’empereur, assisté des archevêques de Trêves (accompagné d’une troupe de 11 000 hommes) et de Cologne (20 000 hommes), l’abbé du monastère du Mont-Cassin, nommé Athenolfe, partisan des Grecs, doit fuir. Il embarque pour la Grèce à Otrante. Il périra en mer.

La réforme de « la vie licencieuse du clergé »

Le pape ne se préoccupe pas que de guerres, il veut aussi réformer les mœurs du clergé et, peut-être plus encore, préserver les biens de l’Église. Le ier août 1022(11), il tient concile à Pavie dans le but de « réfor- mer la vie licencieuse du clergé » qui « déshonore l’Église ». Il en résulte, outre un rappel ferme à l’obligation de célibat des prêtres(12), un décret en sept articles que l’auteur de l’Histoire universelle de l’Église catholique, l’abbé Rohrbacher, résume en trois :
  • 1. Il renouvelle la défense d’avoir ni femme ni concubine, et semble l’étendre à tous les clercs sans exception (y comaris les diacres et les sous-diacres).
  • 2. Il déclare que les enfants des clercs sont serfs de l’Église en laquelle servent leurs pères, quoique leurs mères soient libres, et prononce l’anathème contre le juge qui les déclarera libres (la loi civile voulait que le fils adultérin d’un serf et d’une femme libre soit libre). Sur ce point, le pape invoquait à l’appui de sa décision un décret pris au VIe siècle par l’empereur Justinien à propos des « serfs de l’État », et donc le droit romain(13).
  • 3. Il décrète qu’aucun serf de l’Église, clerc ou laïque, ne pourra faire d’acquisition sous le nom d’un homme libre, sous peine de fouet et de prison, jusqu’à ce que l’Église ait retiré tous les titres de l’acquisition. L’homme libre qui a prêté son nom donnera à l’Église ses sûretés, sous peine d’être traité comme sacrilège ; et le juge ou le tabellion qui aura reçu le contrat sera frappé d’anathème. Il faut probablement entendre le mot « sûretés » en termes de droit civil. Il désigne donc, soit les garanties financières en rapport du bien acquis, soit l’ensemble des biens possédés.

Le but des deux derniers points était d’éviter que les clercs ne dispersent les biens de l’Église pour établir leurs enfants. En effet, ce statut de serf de l’Église est celui d’un servage personnel(14). Le fils d’un clerc n’a donc pas de personnalité juridique, il ne peut ni hériter, ni posséder des biens personnels ni en acquérir ; en fait, comme l’esclave antique, il n’a aucun droit.
Le pape fit confirmer ce décret par l’empereur qui, selon l’abbé Rohrbacher, en aggrava les dispositions et fit intégrer ce canon de l’Église au droit civil. Par cette ratification impériale, Benoît VIII obligeait le bras séculier à appliquer le décret, ainsi que les sentences qui seraient rendues en relation avec celui-ci par tes tribunaux ecclésiastiques. La réforme prônée par te pape ne pouvait que recueillir l’assentiment d’un empereur fort pieux et d’autant plus concerné par les affaires de l’Église qu’il semble qu’il ait lui-même songé à entrer dans les ordres.
La recrudescence des hérésies
Le XIe siècle est marqué par la recrudescence des hérésies, souvent en réaction à la richesse et à la conduite scandaleuse de certains ecclésiastiques. Outre diverses doctrines liant l'efficacité des sacrements à la vertu de ceux qui les administrent, on voit apparaître, vers 1017, à Orléans, une nouvelle hérésie, à laquelle on tente de convertir un prêtre. Ce dernier s’en inquiète et dénonce ces gens aux autorités. On s’aperçoit que des clercs proches de la cour sont impliqués. Un concile tenu à Orléans en 1022 condamne les hérétiques au bûcher. Il semble que les doctrines de Vilgard de Ravenne (qui voulait que l’on règle sa vie morale sur les maximes tirées des poètes latins) soient à l’origine de l’hérésie d’Orléans. Peu de temps avant, on avait puni par le feu des hérésies similaires en Espagne et en Italie.
L'empereur veut se faire moine
Cet épisode n’est peut-être qu’un des éléments de la légende de saint Henri, mais il montre l’image que ses contemporains se faisaient de l’empereur : « En entrant dans le cloître, soutenu d’un côté par l’évêque Haimon, et de l’autre par l’abbé Richard (de Saint-Vitton de Verdun), il dit ces paroles du psaume : C’est ici mon repos pour toujours, c’est ici l’habitation que j’ai choisie !(15). L’évêque remarqua cette parole de l’empereur, et dit à l’abbé en particulier : Si vous retenez ce prince et le faites moine, comme il le désire, vous perdrez tout l’empire. L’abbé, après réflexion, trouva un expédient pour contenter l’empereur sans nuire à l’État. Il le fit venir au milieu de la communauté, et l’interrogea sur son dessein. L’empereur répondit avec des larmes qu’il avait résolu de quitter l’habit du siècle et de servir Dieu [...]. L’abbé fit donc prononcer ses vœux à Henri, lui demandant d’être, selon la règle, “obéissant jusqu’à la mort”. Il le reçut comme moine, lui rappela son vœu d’obéissance : “Je veux que vous fassiez, avec la crainte de Dieu, tout ce que je vous ordonnerai.” » L’empereur confirma ses vœux, et l’abbé lui ordonna de retourner gouverner l’empire (in Histoire universelle de l’Église catholique, op. cit.).
Saint Henri et sainte Cunégonde, un saint couple impérial
Henri II de Bavière (973-1024), roi de Germanie (1002) puis empereur (1014-1024), épousa Cunégonde de Luxembourg qui, selon certains auteurs, avait fait vœu de chasteté, et selon d’autres, était stérile. Tous deux se montrèrent des défenseurs providentiels de l’Église en cette période troublée. Henri collabora étroitement avec le clergé, et en particulier les abbayes bénédictines, pour restaurer la discipline ecclésiastique. Il essaya même de se faire bénédictin, c’est pourquoi il est le patron des oblats. Sa fête est fixée au 13 juillet. Cunégonde (v. 978-v, 1039) vécut avec son mari dans la continence et fonda le monastère des bénédictines de Kaufungen, où elle se retira après la mort de l’empereur. Elle prit le voile en 1025. Selon sa légende, elle aurait prouvé sa virginité par l'ordalie des socs ardents, qui consiste à marcher sur douze socs de charrue chauffés à blanc. L’Église la fête comme vierge le 3 mars.
Benoît VIII mourut le 9 avril 1024. Aidé par l’empereur qui s’activa à réformer ('Église et les monastères, le rôle de ce pape combatif, tant vis-à-vis de l’extérieur, qu’à l’intérieur au clergé, fut plus important que celui de ses prédécesseurs. Il releva le prestige de sa charge, jusqu’alors bien éclipsé, surtout en Italie.





(0)Guizot, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France depuis la ..., Volume 6, 1824 Lire sur Google Books
(1) Depuis le règne d’Otton Ier (936-973), deux familles de l’aristocratie romaine sont les chefs de file des deux grands « partis » italiens. Les Tusculum conduisent le parti impérial (qui soutient l’empereur du Saint Empire) ; les Crescentii, le parti grec (qui soutient les prétentions de l’empereur d’Orient). Quand le Saint Empire est affaibli, les Crescentii organisent l’élection du pape et s’emparent du pouvoir temporel. Quand l’empire est fort, le pape retrouve son pouvoir temporel (lire l’histoire des papes & des saints n° 1).
(2) L’antipape Jean XVI : (997-998) n’étant pas légitime, les papes Jean XVII, Jean XVIII et Jean XIX prirent en fait les numéros de règne XVI, XVII et XVIII, mais des historiens du Moyen-Âge réécrivirent cette liste en y incluant l’antipape Philagathos (Jean XVI) et cette séquence ne fut jamais corrigée par la suite. Afin de ne pas perpétuer cette erreur, Pierre de Julien, venant à la suite de Jean XIX, prit le nom de règne de Jean XXI (1276-1277) : il n’y a pas de Jean XX.
(3) Plusieurs sources (notamment le Dictionnaire des papes, John Kelly, éd. Brepols) le donnent démissionnaire (ou poussé à la démission par Crescentius) et retiré comme moine à Saint-Paul-hors-les-Murs, où il décède peu après.
(4) Brunon de Querfurt (v. 974-1009), en religion Boniface, parent des rois de Saxe, quitte la cour d’Otton III, où il est chapelain, et embrasse (a vie monastique vers 997. Vers 1009, il part prêcher en Prusse, puis en Russie, malgré l’hostilité des populations. Il est capturé avec dix-huit de ses disciples, et ils sont décapités le 14 février 1009. Canonisé, il est fêté le 14 octobre.
(5) Rédigée par un prêtre proche du philosophe catholique Lamennais, professeur d’histoire au séminaire de Nancy, t’Histoire universelle, qui compte dans son édition définitive 44 volumes, est l’une des études les plus complètes sur l’histoire de l’Église.
(6) La plupart des historiens pensent que la cause de ce surnom est une malformation faciale. En réalité, il s’applique, en Italie, aux gens ayant de grosses lèvres.
(7) Comme son décès intervint six jours avant celle de son protecteur, Jean Crescentius, on suspecta une cause non naturelle, mais sans que la moindre preuve puisse être rapportée.
(8) Ce privilège confirme le pouvoir temporel du pape sur ses États. Lire l’article sur l’an 1000 paru dans l’histoire des papes & des saints n° 1.
(9) Émir Mugehid bin abd Allah Al-ÂmirAl-Muwafaqq (v. 989-1044). En raison des razzias incessantes des Maures, les dates restent incertaines. Ainsi, nous avons trouvé 1015 pour l’arrivée de Mussa en Sardaigne et 1014 pour la libération de l’île par les Pisans et les Génois.
(10) Une haquenée est un petit cheval (mâle ou femelle) facile à monter, utilisé par les dames. Au Moyen Âge, c’était, comme le palefroi pour les hommes, un cheval de cérémonie. Ces montures étaient fort coûteuses.
(11) L’abbé Rohrbacher indique que l’année sur le document est incertaine (in Histoire universelle de l’Église catholique, 1857).
(12) Jusqu’au V' siècle, les prêtres peuvent avoir une vie conjugale. Au VIe, en Occident, le mariage est interdit après l’ordination et l’abstinence est obligatoire pour les prêtres mariés avant d’avoir été ordonnés.
Des sanctions sont prises contre ceux qui ont un enfant après l’ordination. Jusqu’au XI' siècle, on continuera d’ordonner des hommes mariés.
(13) Cet appel au droit romain est presque une première dans l’Église. Il y en aura beaucoup d’autres dans les siècles suivants. Par ailleurs, le décret employait probablement le terme « esclave d’État ».
14) Le droit médiéval distingue deux sortes de serfs : le « servage personnel » des « serfs passifsnj», qui était héréditaire, et le servage réel. Les « serfs réels » sont des hommes libres qui exploitent des terres louées par fermage ou métayage. Leur statut est lié non à leur personne mais à la terre qu’ils exploitent. L’acquisition d’une terre libre leur permet d’y échapper. Et même en tant que serfs, ils conservent leurs droits de « citoyenneté ».





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