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Les textes et illustrations contenues sur ce site sont protégés par les lois sur le droit d'auteur (sauf indication contraire). Pour citer cet article : Jean-Luc caradeau, www.caradeau.fr, 2016 - François Ier Charles Quint, la réforme et les papes -Un pieux et puissant roi de France face à quatre papes de la Renaissance et à l’essor de la Réforme, article publié dans le n°6 de Histoire des papes et des saints – octobre - novembre - décembre 2009.
François Ier Charles Quint, la réforme et les papes - - article - French

François Ier Charles Quint, la réforme et les papes



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François I<sup>er</sup>
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François Ier, roi de France(0)


Un pieux et puissant roi de France face à quatre papes de la Renaissance et à l’essor de la Réforme

Avec François Ier, nous inaugurons une série d’articles sur les relations entre les rois de France et les souverains pontifes. Il a réussi à imposer son autorité sur l’Église de son pays, aux dépens du pouvoir des papes, très occupés par la montée du protestantisme et par les invasions musulmanes se rapprochant de l’Italie.
Marignan 1515 ! La date la plus facile à retenir de l’histoire de France. La bataille a lieu le 14 septembre. François est monté sur le trône le 25 janvier, Marignan est sa première grande victoire, mais pas sa première bataille, car il hérite des guerres d’Italie entreprises par Charles VIII


L’Europe rêve d’un nouveau Charlemagne

L’Europe rêve, l’Europe espère une réunification. Au moment où la Renaissance brille de tous ses feux et semble vouloir faire oublier ce Moyen Âge qu’elle considère comme une période d’obscurité, l’empire de Charlemagne, l’empire d’Occident est le modèle qu’elle voudrait opposer à l’invasion turque. Elle a bien des raisons pour cela. Le Saint-Empire, en théorie la plus grande puissance européenne, est morcelé en principautés et duchés. Les princes ne s’entendent ni entre eux, ni avec l’empereur. Henry Lemonnier* cite à ce propos un conseiller de l’empereur Maximilien Ier 1 : « Attendre quelque chose des princes allemands pour le bien de l’Empire, c’est vouloir cueillir des raisins sur des chardons ». Les intérêts de la France, « second empire d’Europe » car depuis le règne d’Eude (888-898), le roi de France est « empereur en son pays » (lire l’article sur l’an 1000), s’opposent à ceux du Saint-Empire. L’Espagne, enfin reconquise et de nouveau chrétienne, est le royaume le plus riche d’Europe grâce à ses colonies américaines. Elle va acquérir avec Charles Quint2 le « prestige de la couronne impériale ».
Dans cette Europe divisée, la première préoccupation des papes est la lutte contre l’invasion musulmane. Elle dure depuis 1333, date de l’institution de la Sainte Ligue par Jean XXII (1316-1334).
Cette ligue, qui pourtant apporte à ses membres les mêmes avantages qu’aux croisés, ne se révélera jamais efficace et les papes ont beau, les uns après les autres, promulguer des bulles de croisade, l’Occident chrétien, incapable de s’unir sous la bannière du Christ, perd chaque année du terrain. L’Europe caresse donc le rêve carolingien et chaque souverain celui d’être un nouveau Charlemagne.
La Bataille de Marignan (Marignano, aujourd'hui Melegnano) met fin à la première guerre d’Italie. Cette victoire permet à François Ier de prendre le contrôle de la Lombardie et du Milanais. Il se trouve donc en situation de réaliser le rêve, jamais avoué, de Charles VIII : un roi de France élu roi des Romains, puis couronné empereur.


L’armée française aux portes des États pontificaux

La nouvelle de la victoire de Marignan avait accablé Léon X. Il s’emporte contre les Vénitiens qui y ont contribué. Il voit déjà le royaume de Naples menacé d'invasion et François Ier dominant dans toute l'Italie. Immédiatement, son ambassadeur auprès du roi, Louis de Canossa reprend les négociations entamées avant la bataille*. Malgré l’opposition de ses alliés vénitiens, François Ier consent à un accord et, le 13 octobre, les premières bases d'un traité sont jetées. Le roi et le pape s'engagent à se soutenir mutuellement ; le roi aidera Léon X et l’Église à recouvrer tous leurs biens. Il promet de défendre la République de Florence, « que le Pape a très chère » et d'y maintenir la famille des Médicis : « telle qu'elle y est ». II obtient en échange l'appui de Léon X pour la conservation du Milanais, et reçoit Parme et Plaisance.
C'est un traité entre deux princes et entre deux familles3. Par ailleurs, Léon X tient au moins autant à l'entente des deux pouvoirs spirituel et temporel qu’aux territoires des États pontificaux. Le concile de Bâle (1431) et le concile de Pise (1511) ont rendu la papauté très attentive à combattre les velléités d'indépendance dans le clergé, et posé, très nettement, la question de l'autorité du souverain pontife sur l'Église. Enfin, le Sacré Collège, voit dans la Pragmatique Sanction de Bourges4 un des principaux éléments de résistance à la centralisation pontificale.

L’entrevue de Bologne

Léon X propose une entrevue à François Ier. En cette occasion, chacun des deux souverains compte se jouer de l'autre. Léon X se sait adroit et compte sur la vanité de François Ier qui aime à entendre louer la séduction qu’il exerce sur tous ceux qui l’approchent. Le roi de France se considère comme très habile à manier les hommes : « Je suis persuadé que je le tromperai », dit-il à propos du pape. L’entrevue est fixée au 10 décembre 15155. Elle aura lieu à Bologne.
À cette date, François Ier entre dans la ville, où Léon X est arrivé quelques jours auparavant. Nous devons ici observer que le pape n’épargne rien pour éblouir le roi, qui est accueilli par vingt-deux cardinaux en grande tenue. Le pape a fait orner la ville d'arcs de triomphe où se lisent des inscriptions à la louange du roi de France. À quinze heures, François Ier se rend dans la salle où l’attend le souverain pontife, accompagné des plus grands seigneurs de son royaume. Léon X siège sur le trône pontifical, coiffé de la tiare, entouré des cardinaux et de tous les ambassadeurs auprès du Saint-Siège*. Antoine Duprat, chancelier du roi, prononce un élégant discours en latin, auquel le pape répond par quelques mots (lire page suivante).
Dès le lendemain, le pape et le roi se rencontrent en privé et définissent les bases d’un concordat. Le 15, tout est réglé et François Ier quitte Bologne, très satisfait des accords. Il a obtenu la suppression de deux évêchés (Bourg et Chambéry) ; l’autorisation de lever une décime(7) sur tous les biens de l'Église de France; l'abolition des censures que les prélats français avaient encourues6 en raison du soutien qu’ils apportaient à la Pragmatique Sanction; le privilège de nommer, sa vie durant, aux évêchés et aux abbayes de la Bretagne, de la Provence et du Milanais.

Un concordat qui met l’Église de France aux ordres du roi

Le concordat obtenu par François Ier abolit la Pragmatique Sanction de Bourges, mais étend les pouvoirs du roi sur le clergé. À le lire, on pourrait parler de capitulation du pape, sauf sur un point : les clauses conciliaristes de la Pragmatique Sanction ne figurent pas dans le concordat. Le roi nomme les évêques et les abbés : le pape ne fait que les confirmer. Les annates7 et les réserves expectatives(7) ainsi que la De sublatione Clementinæ Litteris, décrétale(7) stipulant que tout ce qui est énoncé, même sous forme de narration, dans une bulle du pape est, de ce fait, prouvé et ne peut être contesté. Les autres dispositions concernent l’organisation interne du clergé. En un mot, le concordat abolit la Pragmatique Sanction, en reprend presque mot à mot les principaux articles et renforce le pouvoir du roi aux dépens du clergé de France. Le roi a eu d’ailleurs quelques difficultés à faire enregistrer ce texte par le parlement de Paris… Il est ratifié par le pape le 18 août 15168. Il sera tenu pour règle dans l’Église de France jusqu’au concordat de 1802 signé par Napoléon.

L’armée française aux portes des États pontificaux

En 1517, Léon X entreprend de financer la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome par la vente d’indulgences. Ce sera l’étincelle qui déclenchera l’explosion de la réforme protestante. François Ier, dans un premier temps, fera preuve, face à ce mouvement, d’une grande tolérance.
Il a pour cela de bonnes raisons. Sa propre sœur, la future Marguerite de Navarre9, protège le Cénacle de Meaux (l’un de ses membres, Guillaume Briçonnet, est son directeur spirituel) qui professe des idées proches de celles des réformés sans pour autant vouloir de rupture avec Rome. Plusieurs théoriciens du protestantisme, dont Calvin, ont participé aux débats de ce cénacle (La Réforme, ou la foi chrétienne sans le pape et les saints). Par ailleurs, les intérêts du royaume de France s’opposant à ceux de l’Empire, François Ier ne veut pas indisposer les princes allemands protestants en conflit avec l’empereur. Cette bienveillance durera jusqu’à l’affaire des placards (1534). C’est une catastrophe qui ruine l’espoir qu’avait le roi de rétablir l’unité religieuse en France, et marque le début de la persécution des protestants.

Le nouveau pape : l’ancien précepteur de Charles Quint

La mort de Maximilien Ier, le 12 janvier 1519, ouvre la campagne pour l’élection du roi des Romains. De fait, comme le montrent les ordonnances des rois de France 202 à 207, François Ier est en bonne position face aux deux autres candidats, Charles II d’Espagne et Henri VIII d’Angleterre. Il a les promesses de votes en sa faveur de Richard, archevêque électeur de Trèves, de Joachim, marquis de Brandebourg, de Louis, duc de Bavière. Trois voix assurées sur les quatre nécessaires à son élection. Son rival, Charles Ier d’Espagne (futur Charles Quint)(2), a-lui-le soutien d’un richissime banquier d’Augsbourg, Jacob Fugger (1459-1525). Ce dernier assure en signant aux électeurs des lettres de change payables à condition que Charles soit choisi.
L’élection de Charles met un terme au rêve d’un nouvel empire d’Occident, mais n’apaise pas pour autant la rivalité entre Charles et François.
Léon X meurt le 1er décembre 1521. Son successeur Hadrien VI10 est l’ancien précepteur de Charles Quint. Il ne règne qu’un an, huit mois et cinq jours, ce qui ne lui laisse pas le temps de réaliser son vaste programme de réforme de l’Église et de réconciliation des princes chrétiens en vue de l’organisation d’une croisade contre les Turcs. Charles Quint revendique environ un cinquième de la France11. Le 3 août 1523, le pape prend le parti de ce dernier et d’Henri VIII, alliés et en guerre contre François Ier.
Hadrien VI meurt le 14 septembre. C’est dans ces circonstances que Jules de Médicis, cousin de Léon X, lui succède sous le nom de Clément VII (1523-1534).

Un pontife allié de la France, ou plutôt de François Ier

Contrairement à ce qui est souvent écrit, Léon X n’a jamais trahi l’alliance conclue avec François Ier lors de l’entrevue de Bologne ; et le roi respecta autant qu’il le put ses engagements12. Le nouveau pape respecte donc les engagements de son cousin Léon X. C’est probablement ce qui le conduit à prendre le parti de François Ier. D’ailleurs, il refuse de renouveler l’alliance défensive conclue par Hadrien VI avec l’empereur**. Il est néanmoins en porte-à-faux, car Charles Quint a largement contribué financièrement à son élection. En octobre 1524, à la suite d’une attaque de Charles Quint sur la Provence, François Ier reprend l’offensive en Italie et reconquiert Milan (perdu en 1522).
C’est l’occasion pour Clément VII de renouveler l’alliance de Bologne. Un pacte est conclu entre le pape, François Ier et la ville de Venise (décembre 1524-janvier 1525). Il dure jusqu’au désastre de Pavie (24 février 1525). Cette défaite contraint le pape à rechercher la protection de l’empereur. François Ier est fait prisonnier et restera aux mains de Charles Quint jusqu’à la signature du traité de Madrid (14 janvier 1526) ; les conditions en font une grande victoire pour l’empereur13, mais elles ne seront jamais appliquées. Le 8 juin 1426, une déclaration solennelle des États de Bourgogne fait savoir qu’ils entendent rester français. Par ailleurs, l’empereur a trop de difficultés de politique intérieure pour pouvoir revendiquer son dû par les armes. Pendant la captivité de François Ier, Louise de Savoie, sa mère (1476-1531), a assuré la régence ; elle a aussi organisé la ligue de Cognac14 qui permet de rééquilibrer les forces en présence. Le traité qui donne naissance à cette ligue de Cognac sera signé en mai 1526. Ce rééquilibrage permet à Louise de Savoie de négocier avec Marguerite d’Autriche (tante de l’empereur), la Paix des Dames (conclue le 3 août 1529, à Cambrai) qui amende l’inapplicable traité de Madrid. Entre-temps, l’empereur - qui a pris ombrage de l’attitude du pape - met Rome à sac le 6 mai 1627 et occupe les États pontificaux, ce qui lui permet de contraindre Clément VII à la neutralité. En 1529, le pape convient avec l’empereur d’agir ensemble contre l’hérésie en Allemagne et contre les Turcs. Leur réconciliation est scellée par le couronnement de Charles Quint le 24 février 1530 à Bologne, cérémonie qui n’est plus à l’époque qu’une formalité15.
L’empereur, inquiet des progrès du protestantisme en Allemagne, demande au pape d’organiser un concile dont il fixe le lieu : Trente. Clément VII n’en veut pas… La condamnation des protestants par un concile renforcerait Charles Quint et rendrait intenable la position de François Ier. Ce dernier conclura, en 1531, un accord avec la ligue des princes protestants de Schmalkalde qui s’opposent à la puissance de Charles Quint. Le pape prétexte donc une réforme de la curie pour repousser la convocation du concile à une date indéterminée.
En 1533, à Marseille, Clément VII marie sa petite-nièce Catherine de Médicis avec le fils cadet de François Ier, futur Henri II. Ce qui donne l’occasion, pour les deux souverains de se rencontrer.
François Ier, par ailleurs, entreprend de négocier avec le sultan ottoman Soliman le Magnifique (1494-1566). Aucun accord militaire n’est conclu, mais la collaboration étroite entre les deux flottes permettra de mettre en échec celle de Charles Quint en Méditerranée. Le monde chrétien en est encore scandalisé. Il faut cependant relever, à la décharge du roi de France, que les conditions que l’empereur a tenté d’imposer lors du traité Madrid peuvent en grande partie expliquer cette attitude. De même, elles permettent de comprendre la méfiance de Clément VII à l’égard de Charles Quint.
Le pape s’éteint le 25 septembre 1534. Alexandre Farnèse, sous le nom de Paul III (1534-1549) lui succède après seulement deux jours de conclave. À soixante-sept ans, il est le doyen des cardinaux, ce qui, nonobstant ses qualités personnelles, en fait le candidat idéal de compromis puisque son élection laisse espérer un pontificat de durée raisonnable.

François Ier durcit sa politique religieuse

Dès avant la défaite de Pavie, les actes iconoclastes de certains réformés avaient conduit François Ier à intervenir. Pendant sa captivité, le Parlement de Paris et les théologiens de la Sorbonne persécutent le cénacle de Meaux ; un des anciens membres de celui-ci, Jacques Pauvant, est arrêté, se rétracte, est libéré, puis est brûlé en 1526 pour avoir repris ses prédications ; deux ans plus tard, c’est Denis de Rieux qui est condamné au bûcher. Le roi revenu en France, à partir de 1528, l’Église donne aux protestants le choix entre l’abjuration ou le châtiment.
Après 1534, François Ier est contraint de s’impliquer personnellement dans la répression de l’hérésie. En particulier quand les vaudois du Lubéron (hérétiques discrets résidant dans les villages de Cabrières, Mérindol, Lourmarin…), en « terre d’Église », adhèrent en masse au calvinisme ; ils sont condamnés par le parlement d’Aix-en-Provence (en 1540), mais l’ordonnance du tribunal n’est pas appliquée (il n’est pas certain que le bras séculier en ait eu les moyens). Le roi décide d’agir personnellement et place sous le commandement de Meynier d'Oppède (président du parlement d’Aix) des troupes venues du Piémont. Le 19 avril 1545, les populations de 24 villages vaudois du Luberon sont massacrées, 3000 personnes auraient été tuées en cinq jours.

Le nouveau pape veut apaiser les querelles

Sous les pontificats précédents, Paul III avait été légat auprès de Charles Quint. Il connaît donc bien le personnage et s’attache à mener une politique neutre en dépit des fortes pressions exercées par l’empereur. En avril 1536, Charles Quint vient de mener une expédition victorieuse en Tunisie, qui a permis la libération de 20 000 chrétiens réduits en esclavage (un million d’Européens ont été ainsi capturés, cf. l’article sur Vincent de Paul). Il participe à un consistoire et prononce un long réquisitoire contre François Ier, dans l’espoir que le pape abandonne sa neutralité et lui cède le Milanais, le duc Francesco Sforza venant de mourir. Pourtant, la neutralité de Paul III est nécessaire, car il est urgent d’unir l’Europe chrétienne pour combattre les Turcs musulmans qui progressent constamment vers l’Ouest. Face à cette menace, le pape réussit à convaincre Charles Quint que la création d’une Sainte Ligue (nécessitant la paix avec la France) peut lui permettre de conquérir l’empire d’Orient. Cette espérance illusoire se révèle efficace, puisqu’il obtient des deux souverains, le 18 juin 1538, un accord de trêve de dix ans. Le pape avait dû aussi faire miroiter à François Ier la possibilité de monter sur le trône d’Angleterre, puisque la ligue ainsi formée doit, en plus de combattre les Turcs, entrer en guerre contre Henri VIII, le roi schismatique (excommunié par Clément VII le 11 juillet 1533 et reconnu par l’archevêque de Cantorbéry comme « protecteur de l’Église d’Angleterre »)16. La ligue s’effondrera neuf mois plus tard, les Turcs ayant vaincu la flotte vénitienne à Préveza (Grèce, Épire) et occupé Buda (Hongrie) et le Haut Danube.

L’Inquisition rétablie pour lutter contre la Réforme

Les protestants de l’Empire contribuent à cet effondrement en se refusant à toute croisade, s’ils n’obtiennent pas d’importantes concessions pour leur culte. Les discussions entre catholiques et protestants pour tenter d’aboutir à une unité religieuse s’ouvriront à Spire le 18 avril 1540, avant de reprendre à Haguenau, à Worms et enfin à Ratisbonne… et d’échouer. C’est le moment que choisit le pape pour convoquer un concile à Trieste le 12 mai 1542 et rétablir l’Inquisition le 21 juillet de la même année.

François Ier menace le pape de provoquer un schisme

Cette dernière mesure provoque une réaction violente de François Ier, qui menace le pape d’un schisme - il en restera au stade des menaces... C’est peut-être cette réaction violente qui incite le pape à abandonner l’idée d’une croisade contre l’Angleterre et à œuvrer pour un rapprochement entre Henri VIII, François Ier et l’empereur****. Ses manœuvres diplomatiques aboutiront à la paix de Crépy-en-Laonnois (1544). Paul III en profitera pour annoncer immédiatement la réunion d’un concile à Trente.

Être empereur, l’impossible rêve de François Ier

François Ier meurt d’une septicémie le 31 mars 1547 en son château de Rambouillet. Avec lui s’éteint le rêve de réunification de l’empire carolingien par la simple élection d’un roi de France. Un rêve que, semble-t-il, les deux papes de la famille de Médicis, Léon X et Clément VII, ont soutenu de tout leur pouvoir, ce qui explique la politique louvoyante du second. Ce projet se heurtait la volonté d’hégémonie de la maison d’Autriche et aux ambitions de Charles Quint, qui, lui, rêvait de réunir les empires d’Occident et d’Orient.





(0) Portrait de François 1.er // d'après le Tableau du Titien, qui est dans le Cabinet du Roy. // Peint sur toile, ..., gravé par Gilles Edme Petit. : [estampe], B.n.F. (gallica.bnf.fr)
(1) Roi des Romains en 1486, empereur du Saint-Empire romain germanique de 1508 à 1519..
(2) Duc de Brabant sous le nom de Charles II (1506-1549), roi d'Espagne et de l’Amérique espagnole, sous le nom de Charles Ier (Carlos Ier ), roi des Deux-Siciles, sous le nom de Charles IV (Carlo IV) (1516-1556) et empereur du Saint-Empire romain germanique (1519-1556) sous le nom de Charles V (Quint).
(3) Lire Le Népotisme à la cour de Saint Pierre
(4) Lire l’encadré dans l’article sur Pie2
(5) Le 11 selon certains auteurs.
(6) Ve concile du Latran, dixième session ouverte le 4 mai 1515.
(7) Décime : Impot de 1/10e des revenus. Annates : Bénéfice d'un an d'exercice exigé par le Saint- Siège du nouveau titulaire d'un bénéfice (cure, évêché ...).
(8) Et approuvé à l’unanimité par la onzième session du Ve concile du Latran le 19 décembre 1516 ; enregistré par le parlement de Paris le 22 mars 1518****. (9) Marguerite d’Angoulème (1492-1549), reine de Navarre à partir de 1527.
(10) Élu à l’unanimité le 9 janvier 1522 et couronné le 31 août, décédé le 24 septembre 1523.
(11) Dont la Bourgogne. Un accord avait été trouvé sur ces questions par le traité de Noyon signé le 13 août 1516, puis par le traité de Cambrai (11 mars 1517) signé entre Maximilien Ier, Charles Ier d’Espagne (futur Charles Quint) et François Ier.
(12) L’abbé Rohrbacher*** en fournit les preuves.
(13) Aux termes du traité, la France cède à l’Empire le duché de Bourgogne et le Charolais. Elle renonce à toute revendication sur l’Italie, les Flandres et l’Artois. François Ier doit amnistier Charles de Bourbon, lui restituer ses terres, et épouser Éléonore de Habsbourg, sœur de Charles Quint. Pour être libéré, il doit remettre à l’empereur ses deux fils aînés, le dauphin François de France et Henri de France (futur Henri II) comme garants.
(14) Qui regroupe la France, Clément VII, la République de Venise, l'Angleterre, le duché de Milan.
(15) Depuis la publication de la Bulle d’Or par Charles IV (1355- 1378), le 10 janvier 1356, le Saint-Siège est privé de son rôle d’arbitre lors de l’élection de l’empereur.
(16) En septembre 1530, Clément VII refuse définitivement à Henri VIII l'autorisation de divorcer de Catherine d'Aragon. Le 11 février 1531, l'archevêque de Cantorbéry, William Warham, proclame (en conclusion d’un concile qu’il venait de présider): « Nous reconnaissons que Sa Majesté est le Protecteur particulier, le seul et suprême seigneur et, autant que la loi du Christ le permet, le Chef suprême de l'Église et du clergé d'Angleterre ». Ce qui revient à lui attribuer, dans le royaume d’Angleterre, les pouvoirs du pape. L’Église d’Angleterre devient donc schismatique.


Bibliographie
* H. Lemonnier (1842-1936), Charles VIII, Louis XII et François Ier Les guerres d’Italie, Tallandier, 1982 Lire sur le site de la B. N. F.
** J. N. D. Kelly, Dictionnaire des papes, Brepols, 1994.l'acheter sur Amazon
*** Abbé Rohrbacher (1789-1856), Histoire universelle de l'Église catholique, 1857. Lire sur le site de la B. N. F.

**** Philippe levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard 2003. L'acheter sur Amazon
***** L’alliance impie –François Ier et Soliman le Magnifique contre Charles Quint, Édith Garnier (Éd. du Félin) L'acheter sur Amazon










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