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Les textes et illustrations contenues sur ce site sont protégés par les lois sur le droit d'auteur (sauf indication contraire). Pour citer cet article : Jean-Luc caradeau, www.caradeau.fr, 2016 - Les atrocités de l’Inquisition espagnole -Sixte IV, autorise les souverains catholiques Isabelle et Ferdinand IV à instaurer l'inquisition espagnole mais tente le freiner les atrocités de cerre dernière. Article publié sous le pseudonyme de paul Verrier dans le n°7 de Histoire des papes et des saints – Février-Mars 2010. Revu et complété avant publication sur ce site.
Les atrocités de l’Inquisition espagnole - - article - French
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Les atrocités de l’Inquisition espagnole
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«  …Jamais les grands maux politiques, jamais surtout les attaques violentes portées contre le corps de l'état, ne peuvent être prévenues ou repoussées que par des moyens pareillement violents. Ceci est an rang des axiomes politiques les plus incontestables. Dans tons les dangers imaginables, tout se réduit á la formule romaine : Videant consules, ne respublica detrimeritum capiat-[Que les consules veillent à la sureté de l’État] » Joseph de Maistre, Lettres sur l'inquisition espagnole page 8. Lire sur le site de la B. N. F.

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L'institution de l'inquisition espagnole est la seule mesure prise par Sixte IV qui soit unanimement approuvée par les historiens catholiques

Sur le plan géostratégique, la reconquête du royaume de Grenade est un objectif primordial de la papauté. Sixte IV ne peut guère refuser aux souverains ibériques l’inquisition qu’ils sollicitent, bien que cette décision soit en contradiction avec sa « politique culturelle » et probablement ses convictions personnelles.


Quand Isabelle Ire reine de Castille et León, et Ferdinand II, roi de Sicile et d’Aragon, s’adressent à Sixte IV pour lui demander de créer une inquisition royale en Espagne, ce dernier ne peut que s’en réjouir. Voilà des souverains qui sollicitent ce que tous les autres refusent ou ont refusé par le passé ! Le pape instaure l’Inquisition espagnole par la bulle Exigit sinceræ devotionis (Après en avoir délibéré avec sincérité) du 1er novembre 1478. À son propos, on peut d’ailleurs employer le terme « d’exception culturelle ibérique ». En effet, le régime établi par Isabelle et Ferdinand est qualifié par les historiens espagnols de « royauté confessionnelle ». Leur pouvoir et celui de leurs successeurs s’appuient sur l’Église. Castille et Aragon sont politiquement et administrativement divisés. Ainsi, Charles Quint sera roi absolu en Castille et roi constitutionnel en Aragon. Faute de pouvoir faire l’unité politique des deux royaumes, ils vont en faire l’unité religieuse.
Par ailleurs, les populations morisques (c’est ainsi que l’on appelait les musulmans en Espagne) constituent une sorte de cinquième colonne qui soutient les razzias menées par les corsaires barbaresques sur les côtes méditerranéennes du royaume. L’Inquisition espagnole est donc avant tout un tribunal royal. Sixte IV nomme le cardinal Torquemada Grand Inquisiteur d’Espagne, mais, dès 1484, ce dernier publie, en accord avec les souverains, un règlement du tribunal : l’Inquisiteur général est nommé par le roi ; ce dernier nomme les Inquisiteurs particuliers avec l’approbation du roi. Ceux-ci ne peuvent rien faire sans l’approbation du Grand inquisiteur et du Grand conseil. Par ailleurs, ces tribunaux d’inquisition sont simultanément ecclésiastiques et royaux (séculiers). Ce qui en fait un instrument du seul pouvoir royal. En tant que tribunal d’Église, l’Inquisition prononce l’excommunication et la confiscation des biens, au profit du roi. Si l’accusé abjure son hérésie et obtient sa réconciliation avec l’Église, il échappe en principe au bûcher et sa famille à la confiscation des biens, mais il doit accomplir une pénitence généralement fort lourde. S’il s’obstine, ou abjure et retombe par la suite « dans son erreur », le tribunal le livre au bras séculier qui lui inflige, dans les cas les plus graves, la peine du feu et, dans les moins graves, la prison à vie.

Pour lutter contre l’islam et le judaïsme

Jusqu’en 1492, l’Inquisition s’occupe essentiellement d’apostasie. Il s’agit de chrétiens qui se sont convertis à l’islam ou au judaïsme, de juifs ou de musulmans récemment convertis qui pratiquent « krypto-judaïsme » ou un « krypto-islamisme », ou qui sont retournés à leur ancienne religion(1). Relèvent aussi de ce tribunal les juifs ou les musulmans qui ont favorisé la conversion ou la reconversion d’un chrétien à l’islam ou au judaïsme(2). Le prosélytisme juif disparaît en 1492 après l’expulsion de tous les juifs non convertis. Celui des moresques disparaît en 1609, avec l’expulsion de tous les musulmans. Ne restera donc plus à l’Inquisition que le « krypto-judaisme » et le « krypto-islamisme » des nouveaux chrétiens, jusqu’à l’arrivée de la Réforme, qui sera réprimée violemment dès ses débuts. La dernière hérésie dont devra s’occuper l’Inquisition espagnole fut le molinosisme(3) qui se développe en Espagne de la fin du XVIesiècle à celle du XVIIe.

L’inquisition et la torture
L’usage de la torture est l’un des grands reproches faits à l’Inquisition. A ce propos, il faut remarquer que la torture est à l’époque prescrite par les tribunaux séculiers, et fait partie selon le droit romain des moyens ordinaires de recherche de la vérité. Dans le cadre d’un procès de l’Inquisition elle est appliquée par le personnel du tribunal séculier local (l’Inquisition n’a pas de tourmenteur attitré). Son usage a été autorisé officiellement par Innocent IV dans sa bulle Ad extirpanda (Pour l’extirpation) en 1252.


La procédure inquisitoriale de Torquemada

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Exécution des criminels condamnés par l'inquisition (légende originale)(0)


Les inquisiteurs espagnols calquent leurs actes sur ceux des inquisiteurs du Languedoc trois siècles plus tôt : ils publient un édit de grâce. Cet édit accorde aux fidèles un délai d’un mois pour se dénoncer comme hérétique et dénoncer les hérétiques, dont ils ont eu connaissance soit directement soit indirectement. Ceux qui effectuent cette démarche sont absous par le tribunal. Passé ce délai d’un mois, le tribunal fait arrêter les personnes dénoncées comme hérétiques(4). Cette procédure sera formalisée par une ordonnance dès 1484. Ce texte prescrit également la publication chaque année d’un « édit de foi » dans les lieux où siège un tribunal de l’Inquisition. Dans la pratique, il semble que les deux sortes d’édits se soient confondues. La publication de l’un ou l’autre est suivie de celle d’un « édit d’anathème », une semaine plus tard dans la même église. Dans ce texte, les Inquisiteurs, se déclarant déçus du manque de zèle des paroissiens, les menacent des foudres du ciel s’ils ne coopèrent pas davantage.
Les procès se déroulent à huis clos, et la procédure en est secrète. Seules sont publiques la sentence et l’exécution. L’une des interventions documentées – et la première – a lieu à Séville. Les Inquisiteurs arrivent dans la ville en fin novembre 1480. Ils publient l’édit de grâce le 1er décembre, une grande partie de la population se réfugie sur les domaines des féodaux locaux. Le 2 janvier 1481, le tribunal envoie une lettre aux nobles locaux, leur enjoignant d’arrêter les personnes réfugiées sur leurs terres sous peine d’être considérés comme recéleurs d’hérétiques et hérétiques eux-mêmes, ce qui entraînera leur excommunication. La menace est grave, car elle délie leurs vassaux du serment de fidélité. La même lettre leur promet un tiers des biens confisqués à ceux qu’ils auront refusé de protéger. Fin janvier, les procès sont bouclés. Pour la plupart les dossiers se réduisent à la sentence. La première exécution se déroule le 6 février. Le grand nombre de condamnés au feu oblige le préfet de Séville à faire construire, hors la ville, un échafaud permanent en pierres, qui est conservé jusqu’au XIXe siècle. Il porte le nom de Quemadero (adjectif signifiant : qui doit être brûlé). Sur cet échafaud, on élève quatre grandes statues de plâtre, appelées les quatre prophètes ; les condamnés y sont enfermés vivants. On en attribue l’invention à Torquemada. Jusqu’au mois d’avril les inquisiteurs condamnent au feu un grand nombre de personnes. Une épidémie de peste vient interrompre leur activité « purificatrice ».
Ils quittent Séville et se rendent à Aracena, près de la frontière portugaise. Là, ils condamnent au feu deux douzaines de personnes et renouvellent la pratique (lire les articles sur la croisade contre les albigeois ) des procès posthumes suivis d’exhuma tion et de combustion du cadavre. Ces procès posthumes entraînaient évidemment la confiscation des biens, l’incapacité d’exercer un emploi public pour les héritiers et leurs descendants, ainsi que le port de croix sur le devant et au dos de leurs vêtements, signes infamants, qui les signalaient à tous… La répression est si violente que de nombreuses plaintes sont adressées au roi et au pape.

Quatre prisons pour un seul tribunal
Le tribunal dispose de trois prisons fermées. L’une où les prisonniers sont au secret, est la célèbre « carcel secreta » (prison secrète). Les suspects y sont enfermés à titre préventif. La seconde, « los carceles medias » (les prisons moyennes – nous ignorons la raison de ce pluriel), est moins rigoureuse, plusieurs prisonniers y partagent la même cellule. La troisième, celle des familiers « carcel de familiares » est réservée aux cas douteux (bigamie, sorcellerie, blasphème…) Ces trois prisons sont dans la même enceinte. À l’extérieur de cette enceinte, est la prison ouverte, dite de « pénitence » ou de « miséricorde ». Là les condamnés subissent leur peine, souvent en compagnie de leur famille (femme, enfants, parents âgés). Le condamné, dépouillé de tout sauf de son lit (qui lui est laissé par charité), n’est pas nourri. Il doit quitter la prison le matin, vêtu du « sanbenito », un vêtement qui le signale à tous comme condamné pour hérésie, afin de subvenir aux besoins de sa famille et y rentrer le soir. « …on pouvait voir ainsi, à Séville, à la fin du XVIIe siècle, des médecins chargés de famille, condamnés pour judaïsme, tenter désespérément de revendre dans les rues de Séville des bouts de tissu, des paquets de tabac plus ou moins chapardés, en se heurtant à toutes les hostilités possibles ; quant aux femmes, elles pouvaient aller mendier, dûment munies d'un certificat les y autorisant... » (Michèle Escamilla *)


Sixte IV condamne ces atrocités

En 1478, Sixte IV réagit à ces plaintes par une bulle dans laquelle il écrit : « en contradiction avec nos prédécesseurs et les décisions des saints pères » - ce qui montre qu’il vise non seulement l’Inquisition espagnole, mais aussi celle qui fonctionne encore dans d’autres pays (des restes de l’Inquisition médiévale). Il enjoint aux inquisiteurs de suivre les normes anciennes et de travailler en collaboration avec la justice épiscopale. Par ailleurs, il accorde aux évêques le droit de donner asile à ceux qui sont poursuivis par l’Inquisition, et permet aux justiciables de faire appel à Rome, ce qui suspend le procès pour un temps indéterminé.
Également, à travers cette procédure, il accorde des absolutions individuelles ou collectives et des « saufconduits spirituels »… Ce texte, de fait, annule celui de la bulle qui avait créé l’Inquisition espagnole le 1er novembre 1478. Entre 1478 et le milieu de l’année 1483, le pape et les souverains espagnols sont en conflit et de nombreuses bulles répondent aux récriminations des souverains. Sixte IV finit par céder aux pressions de ces derniers. En 1483, il désigne le nouvel archevêque de Séville comme juge d’appel. Néanmoins, il continue de se battre pour lutter contre les abus de l’Inquisition espagnole et ses successeurs Innocent VIII (1484-1492)(5) et Alexandre VI (1492-1503) feront de même.


Le roi impose l’Inquisition malgré les désapprobations des papes

Malgré les bulles papales, l’Inquisition en Espagne se développe et s’implante dans presque tous les diocèses ibériques. Dans le royaume d’Aragon, cela prendra plus de temps. Le 25 mai 1481, Ferdinand II charge son ambassadeur de demander à Sixte IV de nommer un Inquisiteur général pour son royaume, mais comme de nombreuses plaintes sont déjà parvenues à Rome, il s’adresse parallèlement au général des dominicains, Salvo Cassetta, qui nomme à ce poste le père Gaspar Juglar. Ce dernier, sur proposition du roi, nomme deux inquisiteurs. Ferdinand II, pour couper court à toute opposition du pape, les confirme dans leurs fonctions en décembre 1481. Le 29 janvier 1482, Sixte IV exprime son désaccord et ordonne au général des dominicains de défaire ce qu’il a fait à son insu. Le pape cédera de nouveau aux instances des souverains espagnols en nommant le 17 octobre 1483 Tomás de Torquemada Inquisiteur général pour les trois royaumes : Castille, Léon, Aragon. Le souverain aragonais se heurte cependant à une forte résistance des villes. Il ne réussira, par exemple, à imposer l’inquisition à la ville de Terruel qu’en octobre 1485, après avoir menacé l’administration municipale d’une intervention de l’armée. À Saragosse, dans la nuit du 14 au 15 septembre 1485, un inquisiteur cruel, Pedro d’Arbuès (1441-1485), est assassiné(6). C’est l’aboutissement d’un complot mené par les notables et des nouveaux chrétiens très impliqués dans l’économie locale. Le lendemain, le sang bouillonne sur les dalles de l’église. C’est, diton, un miracle et l’assassinat de l’inquisiteur déclenche une émeute populaire(7) – qu’il faut attribuer soit au miracle (on aurait assassiné un saint) soit au soutien apporté par le peuple à l’Inquisition. La résistance sera tout aussi importante à Valence, Barcelone, Tarragone… mais n’utilisera pas la violence. Elle se manifestera également dans l’Église en la personne du Vicaire général du Royaume Macià Mercader, dont Ferdinand obtiendra le remplacement en 1485 par l’un des inquisiteurs*.
À la fin du XVe siècle, l’Inquisition est établie sur l’ensemble des trois royaumes. Elle ne subira plus que des évolutions administratives entraînées par des fluctuations économiques(8). Il y aura tantôt concentration tantôt redéploiement des tribunaux, chacun d’eux disposant d’un district et ne rendant de comptes qu’à l’Inquisiteur général. Le règlement publié par Torquemada (très peu amendé par la suite) exige d’un inquisiteur qu’il soit juriste ou théologien et d’une impeccable moralité, mais la condition religieuse n’y est pas requise. L’Inquisition espagnole échappera donc aux dominicains, et la plupart des inquisiteurs seront issus du clergé séculier, plus impliqué dans les affaires politiques. À côté de l’Inquisiteur siège le procureur fiscal assisté de plusieurs notaires. Il formule l’accusation, réclame la peine maxima et se charge toute l’activité administrative du tribunal. Chaque tribunal a aussi ses forces de police, les alguazils et son receptor (receveur), plus tard appelé tesorero (trésorier) chargé des saisies, de la vente et de l’administration des biens confisqués.
Les souverains catholiques inscrivent ainsi leur politique d’unité religieuse dans le cadre plus vaste d’une politique de centralisation et de « souverainisation » du pouvoir royal. Ils s’attaquent d’une part aux privilèges des féodaux, et d’autre part ils instrumentalisent l’Église d’Espagne comme courroie de transmission du pouvoir.

Le nombre de victimes est incalculable
Combien l’Inquisition fit-elle de victimes au cours de son histoire ? La question reste pour l’historien complètement insoluble, faute d’une documentation fiable. Les évaluations qui sont obtenues en additionnant les chiffres connus ne sont évidemment pas réalistes. Ainsi, quand Llorente, historien de l’Inquisition espagnole estime que sous le ministère de Torquemada (de 1481 à 1498) dix mille deux cent vingt personnes furent condamnées à la peine du feu, on ne peut considérer (en supposant qu’il soit exact) que ce nombre correspond au nombre des victimes, car c’est oublier ceux qui sont morts sous la torture et certains qui ont été acquittés à titre posthume…

Réflexions sur l’institution inquisitoriale dans la péninsule ibérique (Appendice ajouté à l’article pour son édition sur le site)

On se doit de crier d’horreur à la lecture des atrocités commises par l’inquisition. Cela dit le rôle de l’historien n’est pas de porter un jugement sur les faits. Les faits, justement se passent au XVe siècle. Avec notre jugement d’hommes du XXIe siècle, l’expulsion des juifs puis des musulmans d’Espagne nous apparait comme un acte d’intolérance monstrueux. Mais ceux qui les ont imaginés, décidés, accomplis étaient des hommes du XVe siècle… Au siècle suivant se dérouleront dans toute l’Europe les guerres de religions où s’affronteront deux conceptions du christianisme… Pour rétablir la paix dans l’empire Germanique, union de multiples royaumes, il sera décidé que dans chaque royaume duché ou principauté les sujets pratiqueront la religion de leur souverain. En cette occasion des familles entières ont émigrées d’une principauté à l’autre. En France Henri IV mit fin au Guerres de Religion en donnant aux protestants des villes de sureté. Elles furent rapidement perçues comme « un état dans l’État » sous Louis XIII et Louis XIV révoqua l’édit de Nantes qui les avaient créées. L’expulsion de protestants de France entraîna comme celle des juifs d’Espagne une grave crise économique… Cela dit, il faudrait être bien naïf (même si l’économie n’était pas une science à l’époque) pour croire que les souverains qui les décidèrent et leur entourage n’avaient pas conscience de l’appauvrissement du royaume qu’elles entraîneraient (même s’ils en ignoraient l’ampleur). Quant à l’Angleterre, elle persécuta la minorité papistes, lui imposant jusqu’au XIXe siècle un statut comparable au statut de dhimmi dans les sociétés islamiques (voir l’article sur l’an 1000).
L’Inquisition espagnole et le protestantisme
Dès le 7 avril 1521, Charles Quint ordonne la saisie de tous les écrits de Luther et assimile au luthérianisme tous les mouvements quiétistes nombreux en Espagne (où ils s’appellent illuminisme). Il y aura en Espagne quelques communautés protestantes au cours du XVIe siècle. Elles seront très minoritaires. Dès que Charles Quint (en 1558) est informé de l’existence de quelques foyers de protestantisme en Espagne, il écrit à la régente Doña Juana qu’il il faut extirper ce mal naissant par un châtiment prompt et exemplaire, avant que même le roi ne soit impuissant à réduire l'hérésie en Espagne. La chose fut rondement menée par l’Inquisiteur Général Fernando de Valdés (1483, 1568) qui extirpa le protestantisme des royaumes espagnols (avec les méthodes habituel) et en deux procès, l’un mené à Valladolid en 1559, l’autre à Séville qui dura de 1559 à 1562.




(0) Source : bnf.gallica.fr / Bibliothèque nationale de France - titre original : Estampe à propos de l'inquisition espagnole;
(1) Il faut remarquer ici que la Charia (voie) appliquée dans l’Espagne islamique (dont certains vantent tant l’esprit de tolérance) n’est pas plus tendre avec les nouveaux musulmans retournés à leur ancienne religion et que le supplice qu’elle leur applique vaut bien celui du feu.
(2) Même observation que ci-dessus à propos du prosélytisme de la part des juifs et des chrétiens dans la société islamique.
(3) Condamnée par Innocent XI (1676-1689) dans la bulle Coelestis Pastor (Le pasteur des cieux) du 20 novembre 1687, cette doctrine propose une voie intérieure de « passivité de l’âme » et présente les pratiques extérieures (rites et ascèses) comme des obstacles.
(4) Dans l’ensemble, l’Inquisition espagnole suit les instructions du Manuel de l’inquisiteur (titre original : Directorium inquisitorium – Directoire des inquisiteurs) de Nicolas Eymeric (1320-1399), Inquisiteur général d'Aragon. Le manuel des inquisiteurs espagnols le reprend avec très peu d’aménagements.
(5) Il révoque les inquisiteurs Miguel de Marillo et Juan de San Martin le 26 novembre 1487.
(6) Il sera canonisé en 1867 par Pie XI.
(7) Après un an d’enquête, quelques conjurés seront exécutés.
(8) L’expulsion des juifs entraînera une crise économique.



Bibliographie
* Michèle Escamilla : L’Inquisition espagnole et la construction de la monarchie confessionnelle, Editions du temps, 2002l'acheter sur Amazon
Autres ouvrages consultés (biblio facultative) Joseph de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, J.Pélagaud et Cie imprimeurs-libr., 1850.(B.N.F.) Lire sur le site de la B. N. F.
G. Romain : L’Inquisition, son rôle religieux politique et social, librairie Bloud et Barral, Paris 1900 .(B.N.F.). Lire sur le site de la B. N. F.
Nicolas Emeric, le manuel des inquisiteurs à l’usage de l’inquisition d’Espagne et du Portugal ou abrégé de l’ouvrage intitulé Directorium Inquisitorium, Lisbonne 1792.(BNF). Lire sur le site de la B. N. F.
Par Juan Antonio Llorente, Histoire critique de l'Inquisition d'Espagne,: depuis l'epoque de son établissement... Lire sur Google Books










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