M
Monde occulte
Le monde vu à travers l'ésotérisme, site personnel de jean-Luc Caradeau
Nous contacterMontrer les infosMontrer/cacher le Menu
Les textes et illustrations contenues sur ce site sont protégés par les lois sur le droit d'auteur (sauf indication contraire). Pour citer cet article : Jean-Luc caradeau, www.caradeau.fr, 2016 - Une conception de l'histoire. -Réflexion sur l’histoire et introduction aux ouvrages traitant d’histoire ou de sujets historiques écrits par Marie Delclos et Jean-Luc Caradeau, articles de Jean-Luc Caradeau parus dans des revues d’histoire.
Marque d'acceptation
copyright
Une conception de l'histoire.

pour citer ce texte, cliquez sur info

«  L'histoire humaine est par essence l'histoire des idées. »
De Herbert George Wells / The outline of history

la couverture du livre
Acheter sur Amazon

L’histoire est la science dépendant du document

L’historien travaille avec des documents. Il est dépendant des archives et des bibliothèques. Ainsi, la science historique, en France en particulier, a été freinée dans son développement durant la seconde moitié du XXe siècle d’une part en raison lourd tribut qu’ont payé les bibliothèques et les archives françaises aux deux guerres mondiales ; d’autre part en raison de l’évolution des coûts d’édition.
En effet, beaucoup de documents, de traductions, d’ouvrages qui avaient fait l’objet de rééditions régulières au XIXe siècle sont à cette époque disparus des fonds de librairie et, étant devenus des objets de bibliophilie, ont atteint sur le marché spécialisé des prix astronomiques. Certes, ces ouvrages pouvaient être consultés en bibliothèque, mais consulter est une chose, faire une lecture approfondie d’un ouvrage en est une autre … Enfin, comparer le contenu d’un ouvrage d’histoire et les sources que l’auteur cite en est une troisième. Les deux dernières tâches ne sont guère possibles que si l’on dispose du document à domicile.
C’est pourquoi la science historique a connu une révolution dans les années 2000. Avec l’arrivée d’Internet, les jeunes historiens ont eu soudain la possibilité d’étudier en détail des documents auxquels leurs professeurs n’avaient eu qu’un accès très limité.
L’exemple typique de cette révolution est l’histoire des croisades. Le « plus grand médiéviste britannique du XXe siècle » (1) s’appelle Steven Runciman (2). Maîtrisant aussi bien le latin et le grec que le turc ou l’arabe il est entre 1942 et 1945, il professeur d’Art et Histoire byzantines à l’Université d’Istanbul. C’est là qu’il fait ses recherches sur les croisades. Il cite abondamment à l’appui de sa thèse les chroniques orientales. Cependant, comme il veut démontrer que les croisés sont des barbares venus détruire une civilisation plus avancée, il instruit leur procès uniquement à charge. Ainsi dans les chroniques orientales qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes on trouve de nombreux passages où l’auteur témoigne de son admiration pour tel ou tel autre aspect des mœurs ou de la civilisation franque. Il se garde bien de citer ces passages ! Le premier volume de son histoire des croisades paraît en 1951.
A cette époque les quatre volume de la Bibliothèque des croisades (3) publiée sous la direction de François Michaud (1767 – 1839) en 1829 sont devenu rarissimes. Ils contiennent la traduction française de l’ensemble des chroniques connues à l’époque, les bulles des papes et les courriers qui ont été conservés. C’est l’ensemble des documents qui lui avaient servi à rédiger son Histoire des croisades (1812 - 1822) en sept volumes(4), tout aussi rare à l’époque….
Au début des années 2000, la plupart des ouvrages d’historiens français traitant des croisades montrent une image comparable à celle qu’a développé Runciman. Cependant entre temps la Bibliothèque Nationale a mis en ligne les sept volumes de l’histoire des croisades de Michaux ainsi qu’un certain nombre de traductions de chroniques datant du XIXe siècle. Les jeunes historiens ont donc pleinement accès à des ouvrages que les générations précédentes n’avaient pu que consulter en bibliothèque. Les chroniqueurs francs qu’on suspectait de mensonge sont réhabilités….

L’histoire est un enjeu politique, social, idéologique.

Au début des années 1930 de nombreux historiens adoptent les idées marxistes et avec elles le matérialisme historique qui est à l’histoire (quand on en fait une application systématique) ce que le lyssenkisme est à la biologie… Il se trouve que la description des Francs et des croisades que fait Runciman convient parfaitement à la grille de lecture qu’est le matérialisme historique… Des années 30 aux années 1990 on fait des croisades la première manifestation de l’impérialisme et du colonialisme occidental.
C’est une manipulation, mais elle convient à la façon dont, à cette époque beaucoup de gens veulent « voir le monde ». De même on nous a appris que Charles Martel arrête les Sarrazins à Poitiers. Le professeur d’histoire, sincèrement soucieux d’objectivité et de vérité historique ajoutait alors : « C’est plus symbolique qu’historique, en réalité la bataille de Poitiers fut une escarmouche ». Escarmouche ! Une bataille où deux armées campent face à face durant huit jours sans oser se combattre… Bin c’est ce que le professeur avait appris et cela avait le mérite de ne pas choquer ou froisser les élèves d’origine musulmane (l’Éducation nationale fonctionnait aussi en Algérie et en Tunisie). Il faut lire sur ce sujet le livre de Salah Guemriche Abd er-Rahman contre Charles Martel, qui « remet les pendules à l’heure » à propos de cette bataille… ou mon article paru dans Histoire des guerres de religions.
Entre diplomatie, désir de ne pas « fustiger » ou vexer telle ou telle communauté d’une part et nécessité s’une histoire nationale qui « soude le peuple » et exalte son patriotisme l’histoire, aux mains des politiques devient un outil. Quant à l’Université, elle est elle aussi, comme le prouve l’historiographie de la seconde moitié du XXe siècle, influencée par les politiques et les idéologues.

L’histoire brute

Ce côté trouble, ambigüe, est partagé par le troisième document… Sans le passé et dans le présent il existe trois sortes de faits de magie noire : les actes de personnages que la rumeur ou les autorités voire un faux guru accusent de magie noire. Ceux que certaines personnes revendiquent comme tels dans le cadre d’une révolte contre les religions et la culture dominante. Ceux enfin dont certaines personnes se croient victimes… Comme le roi Philippe le Bel qui déclara sur son lut de mort : »je meurs des nombreux maléfices qui ont été perpétués contre moi…
Le reste, par exemple le nombre de morts ou de martyrs de part et d’autre, si tant est qu’on puisse l’établir n’est qu’une question de rapports de force à un moment donné en un lieu donné… Les massacres, aussi important et horribles qu’ils aient été, ne sont que les symptômes, les manifestations visibles d’un conflit d’idées ou (et) d’intérêts qui a duré deux siècles.










Articles disponibles en ligne

Sixte Ier, septième évêque de Rome
L’Église et le monde en l’an 1000
Sylvestre II Le pâtre auvergnat devenu pape
Le pape de l’an 1000 et sa légende diabolique
L’Église et l’astrologie
Benoit VIII le « pape guerrier » combat les musulmans...
Jean XIX impose la paix de Dieu
Benoit IX… le trois fois pape
Léon IX 152e pape et réformateur de l’Église
Quatre papes pour préparer la réformee grégorienne
Grégoire VII 156e pape : finalise la réforme Grégorienne
Les vraies raisons de la première croisade
Pierre l'Ermite
La croisade contre les albigeois... (1)
La croisade contre les albigeois... (2)
La Réforme, ou la foi chrétienne sans le pape et les saints
Jean-Marie Vianney, un saint face aux « sectes »
Un grand auteur de la Renaissance devient le pape défenseur de la chrétienté contre la menace musulmane
Paul II : Un pontificat entre fêtes et guerres contre les hérétiques.
Sixte IV, un moine franciscain souverain pontife de la Renaissance
Le Népotisme à la cour de Saint Pierre
Les secrets de la chapelle Sixtine
Les atrocités de l’Inquisition espagnole
Innocent VIII : le pape de la chasse aux sorcières
Inquisition: l’Église et la chasse aux sorcières
Inquisition: La naissante de l'inquisition en Languedoc
inquisition: Les protestants répriment l'hérésie et la sorcellerie
Inquisition : Torquemada et l'inquisition espagnole
François Ier, Charles Quint, la réforme et les papes
Catherine de Médicis mal aimée, mal connue
Pourquoi Galilée n’a-t-il jamais été réhabilité ?
Giordano Bruno et Galilée : procès politiques
Qui était le vrai saint Tropez ?
Saint Vincent de Paul
12 siècles de djihad contre l’Europe
Les esclaves chrétiens en terre d’islam
Vraie histoire de la Constitution civile du clergé

Parcours :
  1. Page d'accueil
  2. Histoire






image invisibleHaut de page