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Les textes et illustrations contenues sur ce site sont protégés par les lois sur le droit d'auteur (sauf indication contraire). Pour citer cet article : Jean-Luc caradeau, www.caradeau.fr, 2016 - Le Népotisme à la cour de Saint Pierre -Un siècle de manœuvres des grandes familles autour du Saint-Siège.... Appendice à l'article sur le règne de Paul II publié sous le pseudonyme d’Yves Leclerc dans le n°6 de Histoire des papes et des saints – octobre - novembre - décembre 2009.
Le Népotisme à la cour de Saint Pierre - - article - French
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Le Népotisme à la cour de Saint Pierre

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Les papes et leur neveu
infographie d'après 2000 ans d’histoire de l’Église*
Les Médicis
infographie d'après 2000 ans d’histoire de l’Église*


Un siècle de manœuvres des grandes familles autour du Saint-Siège

La plupart des papes de la seconde moitié du XVe siècle et du premier tiers du XVIe sont issus de familles dont les intérêts sont liés à l’une des grandes cités italiennes. Les Médicis règnent sur Florence, les Sforza sur Milan, les Farnèse - qui donnent de nombreux militaires aux armées pontificales – sont liés aux Colonna, une branche de la famille des comtes de Tusculum qui leur ont succédé à la tête du parti impérial.

Autour et dans le conclave

Toutes ces puissantes familles proches du Saint-Siège avaient, à chaque génération, un ou plusieurs membres ou clients parmi les cardinaux, et s’affrontaient à chaque conclave pour imposer leur candidat à l’aide de trafics d’influence et/ou de corruption, recourant même parfois au meurtre.
Quand un pape n’était pas issu de l’une de ces grandes familles, il était, soit poussé par l’une d’entre elles sur le trône pontifical, soit accepté par l’ensemble des factions comme un candidat de compromis. Les négociations, qui se déroulaient dans l’ombre et aboutissaient à l’élection d’un pape, étaient le théâtre de farouches conflits d’intérêts. Cependant les archives secrètes du Vatican nous en apprennent fort peu sur ces « épisodes de l’ombre », qui commençaient bien avant la mort du pontife régnant, pour trouver leur conclusion lors du conclave pour désigner son successeur. Ainsi, Cosme de Médicis poussa son fils illégitime Carlo (1428/1430-1492) afin que la famille soit présente au conclave. Il devint protonotaire (notaire de la curie) et cardinal.
Ces luttes d’influence conduisaient souvent un pape à nommer des cardinaux parmi ses proches car, appartenant à la même famille, ils faisaient partie de la même clientèle. Autrement dit, ils étaient inféodés à la même grande famille, et l’élection éventuelle au trône pontifical de l’un de ses proches était primordiale pour les intérêts de cette famille et du parti qu’elle dirigeait.

Familles, clans et clientélisme

L’enrichissement de sa propre famille n’était donc pas l’unique motivation du népotisme italien. Lorsque e pape était issu d’une famille modeste, il est certain que le clan qui a soutenu sa candidature l’encourageait à nommer cardinaux un certain nombre de ses proches. On parle beaucoup du népotisme à Rome au XVe et XVIe siècle, mais c’est oublier que le clientélisme était - et est encore aujourd’hui - un mode de fonctionnement ordinaire de la société italienne. Or, la quasi-totalité des papes de cette période sont italiens.
La candidature d’Hadrien VI, qui ne l’était pas, était soutenue par les cardinaux Colonna (chef du parti impérial) et Soderini (les Soderini, après avoir servi les Médicis à Florence, en étaient devenus les rivaux) uniquement pour empêcher l’élection de Giovanni de Médicis, contraire aux intérêts de leur famille. Ce système de clans et de clientèle est particulièrement présent en Italie, mais il est commun à toutes les civilisations du littoral méditerranéen. Une famille comme celle des Borgia, venant d’Espagne, s’y adapta avec aisance.

Des mœurs dissolues

À Rome, ce procédé semble avoir été bien admis, même si certains s’en scandalisaient, souvent pour des raisons politiques. Innocent VIII avait deux enfants (ses ennemis lui en attribueront beaucoup plus). Il ne s’en cachait nullement, puisqu’il célébra en personne le mariage de son fils Franchescetto avec Madeleine de Médicis. Il devait son élection aux manoeuvres de Giullianno Della Rovere (futur Jules II) qui, n’ayant à cette époque aucune chance, voulait un pape qu’il puisse dominer. Puis Jules II a fait cardinal Jean de Médicis (âgé de 13 ans), le futur Léon X. L’élection d’Alexandre VI fut, elle aussi, le résultat d’un sordide marchandage. Ce second pape Borgia se plaçait, par sa fortune personnelle, au second rang dans la noblesse italienne. Il la devait entièrement aux bienfaits dont l’avait comblé son oncle Calixte III. Il profita de sa position pour assurer l’avenir de ses quatre enfants illégitimes dont César, évêque à 15 ans et cardinal deux ans plus tard… Il conclut ensuite une alliance de familles avec Ferdinand Ier de Naples (1458-1494) ce qui le conduisit à soutenir ses prétentions sur ce royaume contre celles de Charles VIII (1483-1498). Il en fut récompensé par le mariage de son fils Geoffroy avec la petite fille de Ferdinand. Cette dernière apportait en dot la principauté de Squillace. De même, Clément VII scella l’alliance entre les Médicis et la famille de France par le mariage de Marie de Médicis avec Henri, fils de François Ier, futur Henri II.
Dans ces conditions, le choix d’un pape dépendait moins de ses vertus et de ses capacités personnelles que des rapports de force entre clans italiens. Peu importait ses mœurs.


Des goûts de grands seigneurs de la Renaissance

À ce népotisme et au clientélisme s’ajoutait un goût du luxe effréné. Le pape et les cardinaux – même ceux qui étaient issus d’un milieu modeste – étaient de grands seigneurs. Ils avaient les mêmes goûts que les autres princes de leur temps. Ils aimaient le luxe, le faste, les arts, les plaisirs divers. On ne vivait pas à cette époque à la cour de Rome autrement qu’à celle de France ou de Bourgogne. Les Borgia en ont fait la ville des jeux et des courses. Paul II organisait de somptueuses fêtes populaires et s’offrit une tiare hors de prix. Alexandre VI assista, en octobre 1501, à un spectacle de danses donné par cinquante courtisanes dévêtues, entraînées par sa fille Lucrèce Borgia (1480-1519)…
Notons que certaines de ces assertions doivent être considérées avec prudence. Les faits sont une chose, la façon de les rapporter en est une autre. Par ailleurs, la cour de Rome ne pouvait pas être moins brillante, moins fastueuse, que celle des souverains temporels. Que diable ! C’était la cour du vicaire du Christ, et Dieu est plus puissant que tous les souverains de la terre réunis.










Bibliographie
* Paul Christophe 2000 ans d’histoire de l’Église, Droguet et Ardant.l'acheter sur AmazonCommander la nouvelle édition
** J. N. D. Kelly, Dictionnaire des papes, Brepols, 1994.l'acheter sur Amazon










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